Faire ou ne pas faire

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Déclaration du droit de l’homme : chacun a droit aux moyens de l’apaisement des échanges pour faire son intelligence. Dans cette optique, Beta-Oblique présente une réflexion sur la main de l’homme.

Notre époque technique éreinte les faibles. La tentation est forte, pour certains irrésistible, de tout lâcher et vouloir retourner à la simplicité. Ceux-là, précisément, n’ont plus fait depuis longtemps sinon toujours. Car qui fait loue la technologie. Il la suit et si elle lui fait défaut, il la précède, en quelque sorte, par ses expérimentations. Elle fait de lui l’homme toujours nouveau. L’homme de pouvoir. L’homme, c’est une main aurait dit Spengler. A l’opposé, l’impuissant. Celui-là dénigre ce qu’il ne peut suivre tout en jouissant de ses effets. Il est le nihiliste qui a beau jeu de dénoncer le revers de la médaille, comme s’il en existait une qui n’en possédât pas. Surtout, c’est ne pas comprendre que les produits de l’intelligence sont des armes dont la course condamne à mort ceux qui n’en sont plus. Faire, c’est vivre et faire plus c’est défier la mort.

Diatribe radicale, provocatrice ? Hélas non. Nous pouvons comprendre la logique courte qui consiste à prendre le contre-pied à un courant qui apporte avec lui des remous. Mais cette position consiste, si on suit convenablement ses implications, à dépasser les remous en se laissant couler. Car jamais le renoncement à l’effort n’a conduit à autre chose qu’à la perte de tout ce qui fait l’homme : une bête culturelle. Certes, le retour à certaines « traditions », un mode de vie plus naturel, plus simple et sain, des codes prometteurs (qui n’ont jamais fait que promettre) semblent apporter des solutions prophylactiques. Il faut cependant distinguer l’alitement de l’enterrement. Que l’on veuille se porter des soins après avoir reçu des coups, c’est légitime ; qu’on se mette en paix définitivement par l’abandon des outils (nous dirions des armes) est autre chose.

Cet autre chose est un ailleurs mortifère, un fantasme (une époque fantôme), un chant de sirènes qui attire celui qui aspire au repos, mais au repos éternel. Qui plus est, ce repos est inaccessible à son accès, sauf à sa conclusion tragique. La raison ? Le monde est fait de mondes. Il y en aura toujours à vouloir prendre une place, et la liste se dresse en comparant les moyens. Le coeur est décisif, il ne suffit pas toujours : les Amérindiens sont cette leçon.

Quant à la culture, s’il s’agit de formes, la technologie est leur grain. L’écriture fut une telle révolution ; l’imprimerie ensuite ; l’informatique à présent et ce n’est pas fini. Pour ne pas finir, il faut suivre.

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